
Au début, rien ne présageait d'une telle déroute. En effet, à l'annonce de son premier combat contre l'Allemande Annett Boehm, Gisèle Mendy dégageait presque la sérénité d'une gagnante. Impeccable dans son kimono de couleur bleu floqué du nom de son pays et barré des couleurs du drapeau du Sénégal, elle était pleine d'assurance.
A peine donné le coup d'envoi, elle enchaîne les mouvements, multiplie les tentatives de prises et tente même un ippon pour cueillir son adversaire. Moment historique valant une débauche d'énergie, puisque c'était le premier combat ‘'olympique'' de Gisèle.
Mais la hargne et l'envie de la Sénégalaise seront vite douchées par les bons déplacements de l'Allemande qui la contre d'abord avant de la plaquer dans une approche rapprochée qui réduit Gisèle à la défensive et à se découvrir. A peine une minute et cinquante et une secondes de combat que l'irréparable arrive : sur un moment d'inattention Gisèle se fait prendre comme une débutante sur un ippon classique où son adversaire la bloque en haut avant d'entamer une prise sur la jambe gauche pour l'envoyer au tapis.
Ç'en était fini pour Gisèle et ses rêves de décrocher une médaille d'or ou d'argent. Par manque de concentration ou surplus de stress, la native de Ciotat ne fera pas d'exploit pour les deux premières places ni pour la troisième où par le bais d'un repêchage son bourreau du jour l'avait propulsée. Anett Boehm s'était en effet qualifiée en demi-finale grâce à deux autres ippons contre une Espagnole et une Ukrainienne.
Revenue dans la compétition face à cette dernière en quart de finale de la deuxième médaille de bronze de la catégorie, Gisèle Mendy fera de nouveau long feu. Victime d'un excès d'engagements, elle concède des fautes à son adversaire qui profite de ses positions de déséquilibre pour lui marquer deux wazari synonymes d'élimination. Le tout en moins d'une minute.
Le rêve de grimper le mont Olympe s'effondre ainsi en moins de trois minutes et deux combats express pour la judoka dont le patriotisme affiché n'a pas suffi à la rendre invincible.
Sud Quotidien
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