
Corps des victimes de la répression d'une manifestation de l'opposition le 28 septembre dans un stade de Conakry. Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé d'imposer un embargo sur les armes à la junte militaire guinéenne après cette répression sanglante, qui, selon l'ONG américaine Human Rights Watch (HRW), a fait plus de 150 morts. (Reuters/Luc Gnago)
Selon l'ONG américaine Human Rights Watch (HRW), qui se fonde sur des témoignages, ce massacre, qui a fait plus de 150 morts et un millier de blessés, a été prémédité par la garde présidentielle du capitaine putschiste Moussa Dadis Camara.
Outre un embargo sur les armes, les chefs de la diplomatie des Vingt-sept réunis à Luxembourg ont envisagé des restrictions aux déplacements des personnalités impliquées dans cette tuerie et le possible gel de leurs avoirs en Europe.
Ces mesures resserrent l'étau autour de la junte qui s'est emparée du pouvoir à Conakry, en décembre 2008, à la mort du président Lansana Conté, et qui est déjà visée par un embargo analogue de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao).
Les sanctions européennes visent le capitaine Dadis Camara et les membres de son Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) ainsi que "les individus qui leur sont associés, responsables de la violente répression et de l'impasse politique".
Les Etats-Unis et l'Union européenne réclament la démission de Dadis Camara et la Cour pénale internationale a ouvert une enquête pour en déterminer les circonstances du massacre du stade du 28-Septembre.
VIOLS ET VIOLENCES À CARACTÈRE ETHNIQUE
Selon HRW, Dadis Camara et certains des membres de la junte doivent être traduits devant la justice internationale pour ce massacre délibéré accompagné d'exactions et de viols.
"Les forces de sécurité ont encerclé le stade et en ont bloqué les accès avant d'y faire irruption en ouvrant le feu de sang froid sur les manifestants jusqu'à ce qu'elles soient à court de munitions", a déclaré la directrice de HRW pour l'Afrique, Georgette Gagnon.
"Elles se sont livrées à de sinistres viols collectifs et meurtres de femmes sous le regard de leurs officiers. Ce n'était pas un accident", souligne-t-elle dans un communiqué en faisant état de violences à caractère ethnique.
"Des témoins ont rapporté que de nombreux tueurs et violeurs avaient tenus des propos ethniquement désobligeants durant ces agressions et ont semblé prendre pour cibles les Peuls, l'ethnie majoritaire dans l'opposition."
HRW désigne sans détour les "bérets rouges" de la garde présidentielle comme étant les principaux coupables de ces exactions.
"Les chercheurs de Human Rights Watch ont interrogé 27 victimes de violences sexuelles, dont la majorité ont été violées par plus d'une seule personne.
"Des témoins ont dit avoir vu au moins quatre femmes tuées par des membres de la garde présidentielle après avoir été violées, dont des femmes tuées par des balles ou des coups de baïonnette dans le vagin."
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